Origine et évolution
Historique
Durant l’Antiquité, Caius Maecenas, aristocrate romain ami de l’empereur Auguste, est demeuré célèbre pour avoir largement contribué au développement des arts et des lettres. Grâce à sa fortune et son influence, il put apporter son soutien à de nombreux lettrés, comme les poètes Virgile, Horace, Properce, en les introduisant dans le cercle du pouvoir impérial.
Dans la Grèce Antique, on parlait déjà de mécénat sous le nom d’ « évergétisme » (« faire le bien »). Ce mot désignait les actions des notables en faveur de la Cité. Ils apportaient leur soutien à l’embellissement et l’animation de la ville en participant à la construction de théâtres, d’arènes…
Du Moyen Age au 19e siècle, le mécénat fut l’apanage de monarques soucieux du rayonnement de leurs pays. Quelques grandes familles se distinguèrent à cet égard : les Médicis, les Habsbourg, ou encore les papes. D’autres aristocrates non-couronnés se distinguèrent également.
Au 19è siècle, apparaît, avec l’émergence de grandes familles industrielles, le mécénat privé au sens où nous l’entendons aujourd’hui. A l’époque, le mécénat constituait en un acte personnel d’amateurs d’art avertis et se faisait, le plus souvent, sous forme de donations ou de legs d’œuvres d’art. Il s’agissait, pour la plupart, des donations de grands chefs d’entreprise, qui, à titre privé et le plus souvent discrètement, soutenaient créateurs, artistes et musées. Grâce au mécénat privé, le domaine des arts a connu en Belgique un réel essor. C’est à cette époque, en effet, que naquirent bon nombre de nos musées. Ainsi, par exemple, la donation Warocquée fut à l’origine de la création du Musée de Mariemont et l’important legs du peintre animalier Edmond de Praetere donna naissance, en 1892, au Musée Communal d’Ixelles.
Le mécénat d’entreprise est lui un phénomène beaucoup plus récent. Récessions économiques et guerres portèrent un coup fatal aux ressources que constituait le mécénat privé. En revanche, dès la fin de la deuxième guerre mondiale, les pouvoirs publics ont mis en place une réelle politique de subsidiation qui apporta un souffle nouveau au développement de la culture en Belgique : ainsi naquit le Théâtre National en 1952. La politique culturelle des pouvoirs publics développée dans les années cinquante s’essoufflant quelque peu, le mécénat d’entreprise initié par le modèle américain prit le relais dans les années ‘70. A cette époque et tout au long des années qui suivirent, la pratique du mécénat se professionnalisa et c’est ainsi que naquirent des consultants et associations spécialisées dans cette pratique (Admical en France, Prométhéa en Belgique).
Peu à peu, le mécénat acquit une légitimité auprès des secteurs économique, culturel et politique mais également auprès des médias, principaux détracteurs du mécénat d’entreprise assimilant celui-ci à une forme de publicité déguisée.
De simples dons sans retours imaginés à des partenariats offrant des liens plus étroits entre entreprises et porteurs de projets culturels, le mécénat n’a cessé de se développer, de se diversifier tant dans ses domaines que dans ses applications spécifiques, ses règles et son éthique. Plus qu’un simple outil de communication externe et de relations publiques, le mécénat est devenu le moyen pour certaines entreprises de valoriser leur image citoyenne auprès du public ou de ses salariés et, pour d’autres, de mettre en valeur leurs produits en bénéficiant d’une large visibilité– on parle plus volontiers, dans ce dernier cas, de sponsoring.
Le début du XXIe siècle se caractérise, en Belgique comme ailleurs en Europe, par la croissance générale du mécénat d’entreprise. Celui-ci n’est plus l’apanage des grandes entreprises. En effet, de plus en plus de PME s’intéressent au sponsoring culturel cherchant notamment à s’inscrire dans leur collectivité locale.