L’Atelier 210 ou comment jongler avec les financements alternatifs

Mécénat, Loterie Nationale et Crowdfunding : tel a été le plan de l’Atelier 210 pour combler un trou dans son financement structurel en mai dernier. Découvrez les dessous de ce pari osé !

En mai dernier, l’Atelier 210, salle bruxelloise proposant théâtre et concerts depuis 11 ans se lance pour la première fois dans une campagne de crowdfunding pour boucler leur budget de fonctionnement. L’occasion de revenir sur la construction budgétaire d’un projet unique.

 

 

 


L’Atelier 210, magicien du financement

En 2005, c’est sur fonds propres que l’Atelier 210 s’est construit; à partir d’une initiative privée et grâce à l’énergie de ses créateurs. Le succès du lieu permet petit à petit de structurer son financement avec néanmoins un contexte difficile : un décret de Fadila Lanaan bloquant les ressources de la Fédération Wallonie-Br

uxelles vers les nouveaux lieux culturels.

C’est donc avec peu de perspectives de reconnaissance au niveau de la FWB mais beaucoup de pugnacité que l’Atelier 210 a persévéré dans sa promotion du théâtre de création et de la musique.

Aujourd’hui la structure bénéficie de soutiens de la FWB mais uniquement de manière ponctuelle , ce qui fragilise évidemment la stabilisation du fonctionnement de l’organisation. Chaque année, clôturer le budget relève du tour de magie.


Opération financement : comment combler un trou de manière créative ?

C’est dans ce contexte qu’a été lancée leur première campagne de crowdfunding. L’idée est simple : il restait 30.000 euros à financer, 1/3 serait comblé par la Loterie Nationale, 1/3 par le mécénat d’entreprise et 1/3 par le crowdfunding. La campagne, lancée sur KissKissBankBank connut un succès énorme et l’objectif fut atteint en quelques jours !

Cette campagne, c’était la première mais aussi probablement la dernière, car, selon Benoit Roland (directeur de l’Atelier 210), l’objectif n’est évidemment pas de ‘pomper’ le public mais bien de mener une opération exceptionnelle. Une opération qui permet également de sensibiliser au fait que l’Atelier 210 a un public fidèle, qu’il fédère de nombreuses personnes et a une force d’impact efficace. La campagne a aussi permis une communication positive de la situation, tout en impliquant de manière active le public, ce qui est dans les habitudes de l’Atelier.

Pour plus d'infos sur cette opération, n'hésitez pas à consulter l'article du focus le Vif.

Le mécénat d’entreprise, une histoire de rencontre

Pourquoi s’orienter vers le mécénat d’entreprise pour 1/3 du montant ? Benoit Roland nous dit qu’à l’Atelier 210, ils sont de ceux qui croient au rôle sociétal des entreprises. L’organisation a aussi collaboré à plusieurs reprises avec des entreprises. En effet, elle a gagné successivement le coup de pouce et le prix Bruocsella pour son projet de nouvelle façade. Suite à ce soutien, l’entreprise Jaspers-Eyers, membre du collectif, a également contribué au développement de la façade. D’autres partenariats se sont également construits avec des entreprises comme Van Ingelgem ou encore MCA Recycling, un partenaire fidèle.

Si au final les différents types de financement se ressemblent, pour Benoit Roland le mécénat reste avant tout une affaire de rencontre. La relation avec les entreprises mécènes de l’Atelier 210 est différente, voire touchante. Le partenariat ne se crée jamais dans l’objectif de « se racheter une conscience » comme certains le croient parfois mais par passion, envies, partage de valeur. Il y a une réelle accointance qui se crée, souvent dans une vision long terme, sur plusieurs années.

Malgré un historique riche en collaborations avec les entreprises mécènes, parmi les 1/3 cherché dans ce secteur il reste encore 6.250 euros à trouver ! Le projet vous parle ? N’hésitez pas à entrer en contact avec Benoit Roland (0479/43.98.22).

 

La saison du 210 commence en force avec, ‘FIRE OF EMOTIONS : GENESIS’
dans le cadre du partenariat entre l’Atelier et L’L.

Pamina de Coulon, artiste suisse qui a fait de la logorrhée un art très maîtrisé, orbite ici autour d’un sujet des plus fantasmés : le voyage dans le temps. En se servant de ce prétexte pour partager son intérêt pour la physique, la science-fiction ou les systèmes, elle nous parle de Pythagore, de Stengers et la  sorcellerie capitaliste, mais aussi de punk et des feux mélangés de la raison et de la passion.

Partant d’une écriture à la fois autofictive, performative et facétieuse, cet essai parlé nous convainc qu’il « suffit du bon angle pour aborder n’importe quel sujet avec n’importe qui ». On se laisse joyeusement porter par le flot des mots, où le jargon savant acquiert une fantaisie insoupçonnable, tant cosmique que comique.

https://www.atelier210.be/