La Boverie : dans les coulisses d'une construction financière

Après près de trois années de travaux de transformation et d’extension, le musée de la Boverie vient d’ouvrir ses portes avec une exposition organisée en collaboration avec le Louvre intitulée « En plein air » et un parcours dans les collections d’art ancien, moderne et contemporain.

Mais comment construit-on financièrement un tel projet ?

Retour sur un chantier ambitieux avec Chloé Beaufays, responsable de la communication du musée.

 

 

 

 

Un projet architectural ambitieux

Sous l’égide de l’architecte français Rudy Ricciotti, l’ancien bâtiment a réussi à garder son âme initiale. Le grand changement consiste en une annexe vitrée, construite sur l’une des façades du bâtiment, restée pendant plus de 100 ans sans fenêtres, faute de moyens. 1000 mètres carrés d’espace d’expositions viennent ainsi s’ajouter au monument historique. Le montant total des travaux, soit un peu plus de 27 millions d’euros, a été financé par le public (le Feder, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Ville et la Province de Liège) et réalisé par de nombreuses entreprises liégeoises.

 

De nombreux mécènes et une collaboration exceptionnelle

Pour la scénographie et l’organisation des premières expositions, le musée a pu s’appuyer sur le soutien de nombreux mécènes. L’équipe du musée a contacté de nombreuses entreprises, mais certaines sociétés se sont  manifestées d’elles-mêmes, pressées de soutenir ce nouveau lieu culturel. Quelles sont les clés d’un tel succès ?

  • Tout d’abord, la collaboration avec le Louvre confère une certaine aura à la Boverie, qui séduit de nombreuses entreprises désireuses de s’allier à l’expertise, la qualité et l’expérience du plus grand musée du monde.
  • Mais l’ouverture de la Boverie fait également partie d’une véritable stratégie de rassemblement et de redéploiement de la ville, à laquelle de nombreuses sociétés locales ont eu envie de s’associer.
  • La nouveauté et la qualité du projet, tant artistique qu’architectural, représente une autre clé de ce succès.
  • Enfin, les formules (30.000 €, 12.000 € et 3000 €) et les retours proposés par le Musée ont aussi séduit ses nombreux mécènes, tels que Degro

     

    of-Petercam, Ethias, CMI, Safran Aero Boosters ou encore le bureau d’études Greisch.

 

Animations pédagogiques et médiation

Aujourd’hui, la Boverie souhaite proposer à de nouveaux mécènes de soutenir son service éducatif, qui se concentre tout particulièrement sur les plus jeunes. Le Musée organise notamment des visites commentées, des moments cinémusée, des ateliers créatifs pour les familles, la carte aux trésors du musée ou un guide numérique sur tablettes ou smartphones.

 

Eléments clés pour convaincre une entreprise

A quoi faut-il être attentif lorsque l’on part à la recherche de mécènes ? Chloé nous donne quelques conseils issus de l’expérience de l’équipe de la Boverie.

«  Dans un dossier de sponsoring, il est pour moi important d’insister sur la réflexion stratégique qui accompagne le projet, tant au niveau de la manière dont il a été monté, que des orientations qui seront posées pour la suite. Par ailleurs, les retours en visibilité étant essentiels pour de nombreux mécènes, il me parait tout aussi important d’avoir très tôt un plan de communication. Au-delà de cette visibilité, il faut pouvoir être créatif dans le type d’actions proposées. La restauration d’une œuvre, l’accompagnement d’un projet spécifique, une fois encore, il importe d’avoir une vision à moyen terme pour pouvoir proposer des initiatives innovantes, mais également réalistes, aux partenaires potentiels. »

 

Mais que se cache-t-il à l’intérieur de la Boverie ?

Nouvelle figure de proue de la dynamique culturelle liégeoise, le musée de La Boverie a pour vocation de devenir une vitrine aussi bien de la création contemporaine et de projets culturels variés,  que de la richesse de collections historiques :
- Un niveau du bâtiment accueille les collections des Beaux-Arts de la Ville de Liège, aves des œuvres de Lambert Lombard, Gérard de Lairesse, Ingres, Gauguin, Chagall, Picasso, Evenepoel, Delvaux, Magritte.
- Le niveau supérieur accueille, quant à lui, des expositions temporaires d’envergure, sur environ 2800 m². Ces expositions sont soit organisées directement par la Ville de Liège, soit construites en collaboration avec le Louvre, soit, enfin, confiées à d’autres opérateurs.
- Enfin, la Galerie Noire est un écrin pour les œuvres sur papier : dessins, aquarelles, fusains, estampes, gravures, etc.

 

Ne ratez pas l’exposition En plein air, visible jusqu’au 15 août 2016 !

 

www.laboverie.com